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Un autiste en classe d’examen face à l’ignorance qui les tue

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L’omerta ! Il y’a quelques années, le père de cet enfant précisait au répétiteur la « particularité » de son fils. Entre quatre murs, « notre garçon a des difficultés de language. Il souffre d’autisme ». Loiste(pseudo) était alors en classe de CE1 dans une commune du district d’Abidjan. Aujourd’hui, en CM2, son père explique ne rien savoir de l’autisme. Loiste est pourtant un autiste modéré, sans retard mental et son père un professionnel de la santé. Surpris ce parent rétorque: « Je cherche sur Google pour vous répondre ».

À l’image de ce père, ils sont nombreux ces parents. Plusieurs ignorent ou camouflent les déficiences de leurs enfants, sur un continent où, l’autisme est synonyme de malédiction dans certains milieux. Les enfants enfermés, marginalisés la plupart du temps. Avec de nouveaux patronymes: « Enfant serpent », « mauvais esprit », les stéréotypes ne manquent pas. En Côte d’Ivoire quelques 440 000 personnes souffrent officiellement de handicap. Environ 2% de la population globale. Les spécialistes parlent de chiffres relativement bas, loin de la réalité du fait que plusieurs cas ne sont ni diagnostiqués ni connus et l’État civil lui même étant approximatif.

L’autisme est marginalisé par les politiques sanitaires. Années après années, la célébration de la Journée mondiale de l’autisme passe sous silence malgré la ratification de protocoles internationaux sur l’enfant par pays. Cette année, le mardi 2 mars est marqué sur la scène médiatique locale par l’investiture à des milliers de kilomètre d’Abidjan du Président Sénégalais, Sall. L’encadrement des personnes atteintes peine à avoir un language cohérent sur le sol ivoirien. Et pourtant l’Infs et l’Infas sont des structures publiques adaptées pour une éducation spécifique, afin de soulager ces souffrances piétinées.
Quelques structures privées spécialisées offrent leurs services pour des sommes faramineuses. Des associations humanitaires orphelines avec le peu d’expertise essaient d’apporter des cadres d’épanouissement aux enfants.

Des milliers d’entre eux, ô tristes, ne connaîtront jamais la route de l’école, enfermés dans une chambrette ou enchaînés pour des séances de délivrance. En France 98% de personnes touchées par l’autisme sont sans emplois. Le plaidoyer pour une prise en charge adaptée et durable continue son chemin afin que les autistes trouvent un meilleur lendemain, loin des prisons structurelles.

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