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Sommet de Pau : Gravir les montagnes de la paix au Sahel

Pyrénées
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Quelques jours avant Pau. Une visite du président Emmanuel Macron se signale en Côte d’Ivoire. L’armée française au Mali annonce la neutralisation de trente-trois combattants belligérants. Ce séjour s’auréole de promesses relatives à la présence des forces françaises en Côte d’Ivoire et en Afrique de façon générale. « Ce matin, grâce à l’engagement de nos troupes de la force Barkhane, nous avons pu neutraliser eu Sahel 33 terroristes, faire un prisonnier et libérer deux gendarmes maliens retenus en otage », annonce le président français après une précédente cérémonie d’hommage aux Invalides à 13 militaires décédés. Sept ans jour après jour, l’opération complémentaire Serval constate le massacre récent de 89 militaires nigériens. Les affrontements dans le Sahel ont détérioré les rapports sociaux bilatéraux et entre communautés locales.

Une vue sur les Pyrénées depuis ce sommet de Pau apportera-t-elle la paix au Sahel ? En seulement trente jours, au moins 170 militaires nigériens sont tués en deux attaques. Et, depuis 2015, les affrontements progressent jusqu’au Burkina avec un cortège de 600 morts. Au Mali, à côté des dégâts des combats entre groupes armés, les massacres communautaires se multiplient davantage compte tenu de la précarité socio-économique. Le massacre humain d’Ogossagou en mars 2019 emporte près de 160 âmes. Des cas similaires répandent les souffrances dans ce pays et fragilisent la solidarité dans toute la région. En moyenne, par jour, une vingtaine de personnes ont été tuées depuis 2012 après l’éclatement de la crise armée au sahel. L’on dénombre 6700 morts au Mali, Burkina et Niger.

En Côte d’Ivoire, la création d’une école de guerre à Zambakro, doublée d’un Centre de formation anti-terroriste et du renforcement de la coopération avec les forces armées françaises du 43ème Bima en présence permanente, incitent les autorités à encourager plus d’engagements des pays amis et voisins septentrionaux. Des individus armés mitraillaient les plages de Grand-Bassam quatre ans après le déclenchement des violences au Sahel. A ce jour, la porosité des frontières nord demeure une préoccupation majeure à la vue des combats qui s’y intensifient.

Cependant l’inconfort devant les présences armées françaises et la nuisance de cette diplomatie militaro-économiques prend racine dans le vomissement des rapports coloniaux, l’inconséquence dans l’application des valeurs démocratiques héritées et la stratégie du chaos contre le fléau telle en Libye. Les communautés locales affrontent les pires misères et en plus vient la guerre comme difficulté supplémentaire. Ces conflits dont les résolutions dépassent désormais leurs géo-cultures mais qui imposent une douleur ressentie malgré la distance entre Pau et le Sahel. Sont présents à ce sommet les chefs d’Etats Burkinabè, Malien, Tchadien, Nigérien, Mauritanien à la demande du président français pour une “clarification” des perspectives .

Dans cette impasse où s’installent la terreur et l’horreur dans le quotidien de communautés déjà vulnérables et en restructuration sociale, les citoyens sont déboussolés et observent avec méfiance ce qui va filtrer des Pyrénées au sommet de Pau. Une nouvelle espérance plus riche, pacifique et harmonieuse des rapports dans l’espace francophone africain urge, car ils prennent un gros coup de froid.

 

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