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Meeting de l’opposition aux encablures du tribunal

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« Le pays peut encore éviter l’escalade ». Cet appel retentit depuis quatre années consécutives. Mais, sans trouver des oreilles bienveillantes. L’Union, la Discipline se détériorent. Ceux qui travaillent pour servir la République se font rares. Avec le soutien du gouvernement, oser manifester pour dénoncer ces tares met la vie en péril. Aux bouts des lèvres la violence postillonnent, celle-ci affecte plus que la Covid-19. En Côte d’Ivoire, l’opposition comptabilise trente(30) morts et nombreuses destructions de bien vitaux à cause des hostilités préélectorales. Le procureur de la République, Adou Richard, quant à lui, se (re)lance à la trousse des opposants politiques. Ce Samedi 10 octobre, l’opposition en bloc majoritaire, annonce un meeting dans le plus grand stade du pays, à Abidjan.

Un peloton diplomatique mixte(transcontinental et continental) rencontre le pouvoir et l’opposition politique ivoirienne. « La mission conjointe vise à offrir aux parties prenantes ivoiriennes, une plateforme consultative additionnelle de haut niveau, en plus des efforts en cours pour instaurer la communication et l’interaction entre les acteurs politiques, afin qu’ils s’accordent sur des engagements consensuels pour une élection présidentielle inclusive, transparente et paisible », insiste l’Union Africaine(UA). Le GPATE, plateforme constituée de plusieurs OSC estime que « le Gouvernement ivoirien possède les clés de l’apaisement du climat socio-politique ».

En effet, il était prévisible qu’une élection présidentielle avec des adversaires coriaces fasse ressurgir des risques de violences les plus imprévisibles. Les racines de cette résurgence de violences électorales en Côte d’Ivoire sont connues. Ce sont : une Commission électorale et un Conseil constitutionnel controversés. Les Institutions ne sont pas crédibles et restent à la merci du pouvoir exécutif à tour de rôle. Comment comprendre qu’une aussi prestigieuse et puissante Institution comme le Conseil constitutionnel soit l’objet de fuite ou de possession démoniaque ? Le compte activiste Chris Yapi a annoncé les décisions du Conseil constitutionnel le 14 septembre à 12h10 longtemps avant l’Institution en charge des délibérations et proclamations.

La Côte d’Ivoire se voit embourbée avec ses habitants dans une nuisance politique cyclique edulcolorée par des projets en deçà des potentialités. Les droits fondamentaux sont relégués au profit d’une inégale répartition des richesses et d’une dégénérescence des valeurs civiques depuis le sommet de l’État. « Un traitement inéquitable des citoyens dans l’exercice de leur liberté est dangereux et peut ouvrir au désordre », interpelle le GPATE. Car, les gouvernants s’autorisent à des activités politiques puis restreignent la liberté de réunion des opposants, avec des menaces en amont. Ce samedi 10 octobre, l’opposition persiste et signe pour la tenue de son meeting au stade Félix Houphouët-Boigny. « S’il y a des microbes nous avons des antibiotiques », martèle le PDCI après les menaces du chef du gouvernement.

« Il est encore temps d’éviter que l’histoire ne se répète et de reporter l’élection afin de permettre au pouvoir et à l’opposition de s’accorder sur un minimum de règles électorales communes », propose International Crisis Group. Cependant, le parti au pouvoir poursuit sa précampagne et compte aller aux élections avec un candidat nommé KKB. Ce dernier sans poste électif dans aucune localité du pays, a obtenu des parrainages validés par le Conseil constitutionnel. Pour ne pas replonger la Côte d’Ivoire dans l’insécurité globale et la dégradation des rapports humains, International Crisis Group invite les « chefs d’Etats ayant volontairement quitté le pouvoir ou responsables d’Institutions internationales comme l’Organisation internationale de la Francophonie » à intervenir. 

Une passation pacifique passe par l’éthique

Diplomatie préventive et sanctions d’accord, seulement, le cadre juridique sous-régional et continental devrait pallier aux derives des politiques dans leurs États. En Côte d’Ivoire, le gouvernement se livre dans plusieurs propos publics a une campagne de dénigrement de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP). Sans cesse, la rancune politique devient juridique.

Le 18 novembre 2016, la CADHP rend un arrêt pour « protéger le droit des citoyens de participer librement à la direction des affaires publiques de leur pays ». Le gouvernement boude cette décision jusqu’à l’approche de l’élection présidentielle en 2020 et se sent près pour ce 31 octobre. Le mutisme des Institutions internationales et continentales principalement facilite ce dilatoire. L’invitation à la paix et la sécurité de tous avec la crédibilité de la Commission électorale était pourtant subséquente. « Comment créer un organe électoral indépendant assurant l’égalité de tous devant la loi si notre Commission est toujours fondée sur la notion de représentant (…) », s’interroge le GPATE depuis le jeu trouble d’un dialogue inconséquent et à la limite sans conscience sociale. Alors que, la Côte d’Ivoire rêve de connaître sa première passation pacifique du pouvoir entre présidents de la République.

Le parrainage, cet autre outil inapproprié aux démocraties naissantes, qui naturellement ont besoin de voir grandir les petits groupements, complète l’inéquité. Sans preuves, des Institutions douteuses peuvent se permettre de retirer la confiance d’une partie de la population dans un leadership. Ce filtre accompagne la fraude pour un passage en force sous une prétendue forme démocratique. Entre le premier et second tour, s’il y en a un, l’arithmétique des reports de voix se complexifie.

Dans sa récente mission conjointe, la communauté internationale, marque une distance entre les décisions de justice internationales et l’obtention d’une élection juste. En 2011, le candidat Alassane Ouattara revendiquait sa victoire sur la base d’un arbitrage international électoral. Quelques mois plutard, le nouveau président de la Côte d’Ivoire déporte son prédécesseur pour répondre à la Justice internationale (CPI). Malgré la libération de Laurent Gbagbo, le président Alassane Ouattara préfère le laisser croupir loin de sa famille sous prétexte que le verdict final n’est pas encore prononcé. La justice nationale choisi de mettre sous veilleuse ses condamnations contre Laurent Gbagbo en attendant la Justice internationale. Cette haine politique énumérée fragilise la convivialité et le développement durable en Côte d’Ivoire. La communauté internationale peut-elle se permettre d’encourager une justice à géométrie variable selon les personnes au pouvoir et ne pas traumatiser les peuples ?

La France dans le traumatisme des peuples

La part de la France est palpable et dommageable dans la promotion du traumatisme des peuples. En Côte d’Ivoire, dans une affaire floue, l’État français bombarde le matériel militaire de cette République; Ses soldats s’opposent à des marches citoyennes et les répriment ; Puis ses militaires pilonnent la maison d’un leader politique porté à au moins 45% par l’électorat. A l’orée de cette élection le Quai D’Orsay balbutie pour se prononcer et refuse de s’ingérer cette fois.

La crise de 2002 à 2011 porte un coup de massue à l’énergie citoyenne avec sa cohorte de familles exilées et d’emprisonnées. La force militaire française fait rejaillir dans les subconscients l’inféodation coloniale. Depuis lors, les ivoiriens se relèvent progressivement de ces chocs. La cohésion sociale, la créativité, les libertés fondamentales, la préservation de l’environnement se protègent en pareilles circonstances par la corruption et non par des valeurs citoyennes communes.

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