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Mali : Vives tensions politiques en pleine crise sécuritaire et humanitaire

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Sur le sol du 4ème producteur d’or en Afrique, de vives tensions politiques s’ajoutent à la crise sécuritaire et humanitaire. La terre du Mali n’a pas encore trouvé sa paix. Les frustrations entretenues poussent à bout un peuple dépouillé. Les votes des citoyens et les ressources publiques se détournent par une élite trempée dans la corruption telle des familles de porcs attroupés dans des déchets. Par milliers, les maliens réclament la démission du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), et projettent une désobéissance civile.

En pleine crise sécuritaire et sanitaire, les citoyens maliens crient haut et fort leur ras-le-bol au chef de l’Etat, IBK. Avec dans les rues, un record de mobilisation citoyenne non observée dans l’espace Uemoa au cours de cette année 2020. En effet, le Mali figure parmi les Etats les plus touchés par la corruption à l’échelle mondiale. Le pays est classé 130 sur 190. Les menaces sur la liberté d’expression et la vie des journalistes pèsent encore malgré les mandats accordés au président IBK.

Terrorisé par l’insécurité et la précarité, le secteur de l’éducation ne cesse de se débattre. « Plus de deux millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans ne vont toujours pas à l’école et plus de la moitié des jeunes âgés de 15 à 24 ans au Mali sont analphabètes » au Mali, rapporte l’Unicef.

Les appels à l’aide humanitaire se multiplient pour le pays. 250 000 déplacées internes se dénombrent en pleine crise sanitaire du Covid-19, avec 112 décès. C’est d’ailleurs le taux de mortalité le plus élevé dans l’espace Uemoa pour l’heure.

La morbidité d’une élite dont le chef de file selon la presse locale s’avère être le fils du président IBK- au cœur de nombreux scandales – brise la confiance populaire.

Après deux manifestations d’envergure depuis ce mois de juin 2020, la pression ne lâche pas IBK. La démission du Chef de l’Etat est exigée. Malgré la médiation de la CEDEAO, la démission de plusieurs membres du conseil constitutionnel ou la proposition d’un nouveau gouvernement, nenni, nenni. Plus de 20 mille citoyens sont dans les rues et réclament la démission du président.

Une rupture du lien social avec les institutions se constate. Outre, la délégation de la CEDEAO reconnaît qu’une vaste fraude aux récentes législatives a continué de piétiner le citoyen malien dans sa dignité. Les manifestants envisagent d’autres rassemblement sur l’ensemble du territoire malien, et pourrait appeler à la désobéissance civile.

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