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Enquête en Guinée : Le ministère de la justice n’arrive pas à se justifier

VOTE SUR FOND DE VIOLENCES
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J-8, les citoyens de la Guinée face aux urnes pour un référendum et des législatives avec des risques d’affrontements élevés. Human Rigths Watch appelle à une réaction internationale afin de préserver la vie des citoyens. Le Président Alpha Condé se veut rigoriste par contre.

« Quiconque tente de saccager les urnes, frappez-le », le ton vient d’être ainsi donné par Alpha Condé à une semaine de la tenue d’un référendum. La météo en ce moment en Guinée est au rouge. Déjà plus de 30 morts selon Human Rigths Watch, sinon la quarantaine à en croire le FNDC(Front National pour la Défense de la Constitution).

A l’évidence, les violations des droits humains refont leur nid en Guinée depuis Octobre 2019. La société civile réclame des enquêtes mais le pouvoir est préoccuper par une seule priorité : « doter la Guinée d’une nouvelle constitution », slogan redondant de Alpha Condé à toutes les interviews sur ce sujet.

Le recours aux armes à feu par les forces de l’ordre est pourtant avéré lors des marches de contestations. Des décès sont constatés, des personnes âgées indignées et exposées à la mort tout comme de jeunes manifestants tués. Des preuves palpables soumises au ministère de la justice reste sans suite. Contacté par Human Rigths Watch(HRW) par mail depuis le 13 février, « le ministère de la justice n’a pas répondu », rapporte l’Ong.

Les jours passent et les risques d’affrontements augmentent, les pertes en vies humaines sont déjà haussières pour de simple marches de protestations. HRW en appelle à la communauté internationale

« Alors que les manifestations contre l’adoption d’une nouvelle constitution se poursuivent, l’impunité pour les meurtres présumés et les mauvais comportements des forces de sécurité risque d’alimenter une augmentations des violations droits humains », s’inquiète Corinne Dufka. « La communauté internationale devrait insister auprès du gouvernement pour qu’il respecte la liberté de réunion », convient HRW.

« Punir les responsables », une action rare en Guinée. Pour HRW, « au cours de la dernière décennie, le gouvernement Guinéen a régulièrement failli à sa responsabilité d’enquêter sur les décès et les autres abus survenus lors de manifestations politiques ».

Le respect de la liberté de réunion et des lignes directrices conventionnelles pour assurer l’ordre public se bafouent tacitement par les hommes armés devant de tels propos du Chef de l’Etat à l’endroit d’un opposant : « Frappez-le » dixit !

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