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Côte d’Ivoire : La journée de l’esclavage marquée par l’expulsion d’une indépendantiste

Voici d'autres Nathalie à moto
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« Les peuples d’Afrique revendiquent pourtant avec de plus en plus de vigueur leur besoin de démocratie, leur droit à l’autodétermination, le droit de décider avec qui ils veulent commercer, avec quoi ils veulent payer ce commerce sans qu’on les place sous la tutelle d’une ex puissance coloniale qui se présente toujours sur la scène mondiale comme notre porte-parole et notre avocat », extrait de l’intervention de l’indépendantiste Nathalie Yamb au forum économique Russie-Afrique d’octobre 2019. La suite des événements est connue de tous. Intimidations, violences, jusqu’au recours à l’expulsion ce lundi 02 décembre, une journée marquée par le rappel de l’arrêt des déportations esclavagistes et la protestation contre les servitudes socio-économiques.

Après une violente répression des contestations référendaires populaires et une série d’arrestations s’ajoutant au nombre de détenus sans jugements qui croupissent dans les geôles de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan(MACA), dans des conditions mortifères, la liberté d’expression en Côte d’Ivoire inquiète. Il en est de même pour nombre de libertés fondamentales et de droits humains à moins d’un an de l’élection présidentielle.

La police laisse planée un sentiment de méfiance, de violence et d’intimidations. Cette récurrente immixtion de la justice et de la police dans le débat public, par le biais de paravents juridiques à géométries variables, milite pour une croisière d’abus de tout genre. Et pourtant le pays après avoir renoué avec son unité territoriale se reconstruit depuis une décennie.

La démocratisation de l’accès à l’information et aux canaux publics d’expression subit le courroux de l’autorité publique sensée promouvoir les libertés politiques et civiles. La paix et la quiétude sociales sont fragilisées. L’anxiétude s’installe dans un pays ou l’entrepreneuriat et la créativité sont des urgences pour le développement des droits économiques, sociaux et culturels. Des défis quoique promis et promus dans les discours des gouvernants !

Ce climat d’insécurité intellectuelle et physique arrose l’avancée de l’extrémisme et du radicalisme, non loin aux frontières subsahariennes. Au Ghana voisin les exilés de la crise postélectorale se comptent par centaines sans ajouter ceux d’autres pays. Aux frontières nord, des groupes armées progressent et détruisent le modèle social avec l’appui de rejetons du système économique actuel.

Dans cet environnement vulnérable, la consolidation des libertés fondamentales et des droits économiques devrait souffrir d’une dévotion multilatérale certaine. Oh que non ! Les groupes armés, les régimes autocrates avec des tentacules de collusions couvent un cercle vicieux d’insécurité humaine. L’extrême pauvreté a reculé dans le monde, “mais l’extrême pauvreté continue de progresser en Afrique subsaharienne, qui abritait en 2015 plus de la moitié de la population mondiale vivant avec moins de 1,90 dollar par jour”, rapporte la Banque mondiale. Et d’alerter, “Les projections indiquent que cette région concentrera en 2050 près de 90 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté”.

Le piétinement au Mali du drapeau français malgré l’engagement militaire au côté de ce pays en dit long. Des milliers d’enfants sont privés d’écoles, réduits à l’esclavage quand d’autres naviguent au péril de leur vie dans la méditerranéen. Cela, après toutes sortes d’abus et d’esclavages en Libye.  Mais que recherchent ces femmes, ces jeunes et ces familles malgré l’évidence de l’hécatombe ?

Des réponses sautent aux yeux ! La sécurité sociale, les libertés fondamentales, la stabilité sociopolitique. Un minimum de prétention existentielle qui leur est arraché ou donné au prix de dettes créant un cycle de servitudes.

A des milliards des armes sont livrées, des rencontres sont tenues, le mirage est entretenu. Mais la violence, la terreur, le travail esclavagiste sous de multiples formes gangrènent et obstruent la lisibilité d’un avenir meilleur sur le continent. Le poids des drogues atteint des records au Sénégal, en Côte d’Ivoire, et les flux et trafics illicites caracolent dans la région. Attirant les jeunes et impliquant une chaîne d’expatriés. Ces Etats de non droit maquillés à la tartine démocratique et aux aides éventuelles sont le levain de la déshumanisation sur le globe.

Si des groupes armés sont amnistiés en Afrique, les opposants aux mains nues sous aucun prétexte que ce soit, ne devraient être menacés. Si des groupes armés sont amnistiés en Afrique, aucun citoyen pacifique ne devrait être expulsé de son continent et déporté pour une raison quelconque.

Ces atteintes gravissimes et constantes à la dignité humaine déstabilisent la créativité et l’optimisation de l’apport du continent à la construction d’un monde épanoui dans sa globalité. Aussi, décuplent-elles la méfiance dans les relations extérieures et entretiennent-elles les barrières à la diversité dans l’espace francophone.

Nathalie avant son intervention au sommet Russie-Afrique

 

 

 

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