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Burkina Faso : Sur le chemin miné d’une élection présidentielle

CICR
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De nouveaux défis électoraux clignotent simultanément avec des urgences sécuritaires au pays des hommes intègres. Ce peuple ouest africain est endeuillé par une pléthore d’attaques armées et de massacres. Les préparatifs de l’élection présidentielle prévue cette année 2020 se déroulent dans un climat insolite. Des déplacés internes par milliers, l’économie affectée, une vague de citoyens volontaires sous peu armés pour défendre la communauté en cas d’attaques, un bilan affligeant qui progresse à 800 morts.

206 villages vidés de leurs populations se dénombrent lors de la récente étude menée par la Commission nationale électorale indépendante. Le nombre de déplacés augmente au Burkina Faso chaque week-end tant ces jours de restauration sont devenus macabres.

Hormis le Centre, les régions les plus peuplées du Burkina Faso subissent des chocs structurels à cause de la situation sécuritaire. 101 communes ont été partiellement désertées. Koutougou complète cette liste vidée de ses vingt mille habitants. Les communautés du Sahel traversent l’une des pires épreuves de leur histoire. Cet électorat en plus de celui des régions de la Boucle du Mouhoun, de l’Est, du Nord et du Centre-nord devrait s’exprimer librement lors de la prochaine élection présidentielle. Ce sont des zones sensibles au plan sécuritaire et transformées au niveau démographique alors qu’elles figuraient déjà en tête des peuplements après le Centre.

Si la liste électorale en 2015 comptait 5,5 millions d’électeurs, cinq ans plus tard, ce fichier devient obsolète et périlleux. En effet, un demi million de citoyens burkinabès forcés de quitter leurs localités ballottent entre séjours chez un proche et autres dispositifs d’accueil précaires. Les régions précitées concentrent plus de six(6) millions d’habitants contraints à être des SDF(Sans Domicile Fixe) en sursis.

En plus des massacres qu’elles subissent, les groupes armés minent les voies d’accès comme le cas récent sur l’axe Madjoari-Pama à l’Est. Cette semaine, une pareille embuscade tue six militaires après la quarantaine de civils mitraillés au marché de Silgadji le samedi dernier.

La sécurité de ces élections passent par un fichier électoral à jour et opérationnel, mais aussi par la capacité de l’armée officielle à garantir des conditions de vote paisibles et crédibles.

L’assemblée nationale vient d’autoriser le recrutement de combattants volontaires en appui à l’armée officielle. L’attitude de ces recrues vis-à-vis des citoyens et en période électorale devient une sensibilisation à part entière pour palier à des conflits communautaires supplémentaires à cette crise sécuritaire complexe.

Par ailleurs, les études de la CNEI se poursuivent  pour des propositions afin d’assurer des élections transparentes et inclusives. Le financement du scrutin présidentiel précédent a été pris en charge en grande partie par des partenaires internationaux. L’agriculture et le tourisme, des secteurs qui génèrent des revenus importants au pays survivent au gré du climat sécuritaire, une grosse perte pour cet Etat à la recherche de fonds pour réussir son envolée démocratique. Coordonnée par la CEDEAO, toute l’Afrique de l’ouest joue sa stabilité socio-économique à travers le déroulement pacifique et crédible du bal électoral 2020 dans ses Etats membres.

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