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Assistance aux detenus et mobilisation pour la justice

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Choisir de prier, en plus des plaidoyers et des dons matériels, résument de façon élémentaire la vitalité portée par l’action humanitaire à l’ACAT-CI (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture en Côte d’Ivoire). Une caravane de dons dans plusieurs Maisons d’arrêt et de correction (MAC) soulage les détenus de ce pays. Jusque dans les montagnes à l’ouest, les détenus de cette zone déstabilisée par la nature horrifiante de la guerre, bénéficient des modestes réconforts de l’ACAT-CI.

Du lundi 26 au mercredi 28 avril, l’équipe de visite de l’ACAT-CI se retrouve à nouveau face à la dure réalités et au cœur de la précarité des prisons. Cette fois-ci, c’est la ville de Man, située à l’ouest de la Côte d’Ivoire qui accueille ces défenseurs des droits humains. « Après les civilités aux autorités pénitentiaires et des dons en faveur des détenus, l’équipe de bénévoles s’est rendue au commissariat et à la Brigade de Gendarmerie », présice l’organisation, financée par l’Union Européenne et OSIWA pour ce programme d’assistance humanitaire en milieu pénitentiaire.

Avant l’impact de cette caravane dans la ville des cascades et des 18 montagnes, la guerre depuis 2002 déclenche une insécurité humaine catastrophique et régionale, avec des dénonciations de tortures et génocides. Le processus de relèvement dans cette zone se consolide par l’abnégation humanitaire, hormis les programmes gouvernementaux.

Une autre grande ville de la Côte d’Ivoire, siège des hostilités d’antan accueille aussi l’ACAT-CI dans sa Maison d’arrêt et de correction (MAC). Il s’agit bien évidemment de Bouaké. En plus de ces localités où les violences se sont accentuées, Daloa tout aussi touchée et Aboisso préservée de loin, reçoivent toutes dans leurs MAC des dons en vivres et non vivres pour préserver la dignité des détenus.

La crise de la Covid-19 accroît la vulnérabilité en milieu carcéral, compte tenu de la promiscuité de ces lieux surpeuplés.
Par ailleurs, les défaillances de transparence électorale et de bonne gouvernance contribuent à exposer plusieurs vies citoyennes jetées en prison. « Une rencontre entre l’ACAT CI, le MIDH et l’OMCT sur les actes de torture commis pendant la récente crise électorale en Côte d’Ivoire », augure d’actions complémentaires pour sensibiliser à la justice intègre et exiger le respect des droits humains en Côte d’Ivoire, à en croire cette initiative coalisée.

L’arrêt KODJO Alain Victor du lundi 26 avril 2021 en dit long sur la qualité de la justice en Côte d’Ivoire. La Haute Cour de justice de la CEDEAO, récemment en tournée de sensibilisation dans ce pays, ordonne à l’État de Côte d’Ivoire de faire modifier l’article 603 de son code de procédure pénale relatif à l’effet suspensif du pourvoi en cassation en matière de détention pour le rendre compatible à ses engagements internationaux. En détention préventive depuis 20 mois, M. Kodjo Alain Victor, doit être remis en liberté dans moins de 30 jours, ordonne la Cour de la CEDEAO. Ce camouflet international de trop interpelle l’intelligentsia des pays d’Afrique de l’ouest à une dialectique au service de l’humanité.

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