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[TRANSPORT & COVID-19] « Y a pas Coronavirus à Yopougon »

Prête-t-il l'oreille aux mesures barrières dans le transport en commun ?
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La Sotra s’évertue au respect des mesures barrières spécifiques au secteur des transports mais rien ne presse avec les passagers. Accros aux appels téléphoniques dans le transport en commun ou dubitatifs alors que le Covid-19 tue depuis plus d’un trimestre et chamboulent les sociétés. En Côte d’Ivoire, 14 décès sont signalés et 952 personnes ont déjà été testées positives. Dans les quartiers populaires, on se sent moins concernés par cette maladie qui paralyse le portefeuille quotidien tout en imposant de nouvelles normes sociales. « Y a pas Coronavirus à Yopougon », se rassure ce jeune coiffeur dans un langage nouchi, avec les encouragements de ses amis au bistrot voisin à son atelier.

Le crépuscule cliche dans son œil avec une envie de détente dans cette cité réputée pour être une commune où la musique des maquis tourne H24. Mais, dans moins de deux(2) heures le couvre-feu débute, les espaces récréatifs sont proscrits. A la descente du boulot, dans ce pis-aller, les postillons qui propagent le coronavirus se transportent davantage car ceux qui s’efforcent à respecter les gestes barrières lèvent le masque. Ce taxi communal, avec musique à bord, défie les règles sanitaires d’usage. De concert tacite avec ses passagers, chauffeur et passagers ont retiré leurs protections faciales. Comme indiqué supra, cette cité se positionne en lieu propice pour s’évader dans une chaleur humaine urbaine. Le contact étroit avec une telle communauté surpeuplée et réfractaire se pose en priorité dans l’analyse des campagnes sanitaires spécifiques à déployer. Une manifestation a conduit à la destruction d’un centre de dépistage du Covid-19 en construction dans cette commune. La Radio communale Yopougon a pourtant annoncé un décès lié au Covid-19 et un évadé testé positif provenant de la cité aux maquis et bars à deux pas. Au quartier Koweït, dans ce bistrot en bordure de la voie principale, un chauffeur de taxi communal sirote quelques verres avant de reprendre la route. Aucun risque n’effleure la conscience de manière générale. La gendarmerie a mis aux arrêts dans un autre quartier le Gérant d’un bar, au sein duquel, il y a comme cerise sur le gâteau, un DJ. L’adage dit en Côte d’Ivoire : « Cabri mort n’a pas peur de couteau ».

Au sein du bateau-bus de la Société des Transports Abidjanais (Sotra), ce capitaine de bord ne dira pas le contraire. Ce trentenaire est obligé de gronder des adultes; ceux-ci retirent les masques après avoir eu accès au bateau. « Le masque c’est pour votre santé et protéger les autres », s’écrie-t-il.

Sur la voie terrestre, les lignes de cette compagnie qui relient la commune de Yopougon au campus de Cocody connaissent plus d’insistance dans la vigilance pour faire barrière au Covid-19 en Côte d’Ivoire. La Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire(FESCI) se charge volontairement de veiller au respect des mesures barrières.

Certes, ce sont d’autres communes (Cocody-Marcory) les plus touchées en ce moment par le virus Covid-19 en Côte d’Ivoire. Cela dit, la circulation demeure aisée entre l’ensemble des communes du district d’Abidjan. Alors, sans le respect des gestes barrières, il suffit qu’une seule personne dans le transport en commun soit infectée pour décupler les risques de propagation communautaire. L’économie mondiale et celle du pays traversent une période éprouvante au cours de laquelle la responsabilité, la vigilance et la créativité citoyennes sous-tendent la résilience.

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