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[TRANSPORT & COVID-19] Ces femmes tourmentées mais les transporteurs ménagés

Cocody : Transporteurs sans masque ils exercent sans crainte
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Prise dans les tourments du Coronavirus, elle pleure et ses larmes sont dures. Son phrasé se cadence par une respiration saccadée. Pendant qu’elle dépeint l’horreur qu’elle a vécu, les mots qui reviennent dans cette asphyxie sont : « ils vont payer cette méchanceté ». Sa table de commerce compte à peine une dizaine de pains en pleine matinée. « La police a tout emporté », confie-t-elle. Ses marchandises et sa glacière sont en fourrière, son capital fait tonneau. Les femmes entreprenantes sont aussi bien éprouvées par la répression policière que les restrictions sécuritaires et sanitaires en cette crise de Coronavirus(Covid-19). Et pourtant, dans le transport en commun, l’amitié entre transporteurs et forces de l’ordre défie les mesures gouvernementales pour freiner le Covid-19 en Côte d’Ivoire.

Pour trouver un peu d’alloco doré à la Riviera 2, il n’y a plus de repères. Les sites de restaurations ont été déguerpis. Le long du mur facial du bâtiment principal du CHU de Cocody, c’est l’anxiété au quotidien pour ces vendeuses pourchassées. Non loin de ces zones précitées se trouvent des gares où le port du masque reste facultatif. Cette commune d’Abidjan se place en tête de liste de milieux contaminés où sévit le Covid-19. La première étape de sensibilisation du ministère des transports débute d’ailleurs dans cette commune. « Les véhicules circulent, la Sotra roule, les gens vont au Plateau, alors pourquoi c’est nous qui ne devons pas vendre. Est-ce que le mur qui est à la maison produit la nourriture ? ». Une énumération qui laisse sans voix. En effet, ces transporteurs imprudents, tolérés et ménagés, desservent de ces gares indiquées toutes les autres communes d’Abidjan. Les risques de propagation du Covid-19 à leur niveau grimpent en vitesse.

Aucun accompagnement sanitaire, aucun appui en compétences pour redéfinir leur circuit de vente classique. Ce pain traditionnel est brimé « mais les boulangeries fonctionnent  », donnent à entendre ces dames dépourvues de toutes assistances et violentées en plus. Ces femmes pour une large majorité ont déjà été déguerpies précédemment de quartiers à risque ou de sites de vente subitement devenus illicites. La propagation du Covid-19 en Côte d’Ivoire anéantit leurs micro-commerces et la police représente pour celles-ci le visage des bourreaux.

Au dernier point de situation, la Côte d’Ivoire atteint 10 décès, 287 guéris et un total de 879 cas confirmés. A l’origine de l’apparition de la maladie en Côte d’Ivoire, une indiscipline doublée de favoritisme depuis l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan.

 

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