Afrique Pacifique

Enfants dans la brouette

 Enfants dans la brouette

Assis dans des brouettes rouillées, Amorce et Yannick marquent une pause après une matinée de dur labeur. Ces enfants portent des bagages pour obtenir des revenus quotidiens.

Suite aux difficultés de son père dit-il, Amorce observe une année sabbatique au cœur de la rue. Au prix de rudes efforts, cet enfant titulaire d’un BEPC (Brevet d’étude du premier cycle) choisit cette activité pour espérer épargner et se rescolariser. Ses parents ne sont pas informés, confie-t-il. Clandestinement, Amorce quitte la maison familiale située dans un autre quartier de la commune de Yopougon, pour rejoindre plusieurs amis avec qui, ils partagent les mêmes réalités.

Ainsi, Yannick moins âgés que Amorce a dû quitter la ville de Gagnoa pour la mégapole économique, Abidjan. Il se souvient à peine de ses cours de CM2, classe où l’école pour cet enfant s’achève brusquement. Son rêve, devenir coiffeur. En attendant, il squatte des espaces pour dormir chez une femme de bonne volonté, commerçante au marché de Yopougon Siporex.

Les droits de la femme sont intimement liés aux droits des enfants. Plus les femmes exercent un travail décent, mieux se portent chaque enfant et famille. « L’autonomisation des femmes passent par l’éducation », insiste l’OIF. A ce propos, #LaFrancophonieAvecElles, un programme lancé par l’OIF « soutient plus de 14 000 femmes à travers des actions de terrain leur permettant d’accéder au développement économique, à l’éducation et à la formation, et à la santé ».

Ces enfants charretiers et déscolarisés affrontent un cycle de vulnérabilités multiples. Dont, l’exposition aux stupéfiants et à de nombreux actes délictueux. Ceux qui tirent profits financiers de leurs souffrances, ce sont les propriétaires des brouettes. Chaque enfant leur verse 300f par jour. Cependant, personne ne suit l’utilisation des ressources obtenues par ces enfants afin de les aider à se réintégrer dans le tissu social pour qu’ils expriment leurs potentiels réels.

La mort d’un enfant de la commune de Yopougon dans la soute d’un avion en partance pour la France n’a pas interpellé au changement de mentalité et à une meilleure responsabilité citoyenne ou décisionnelle. Dommage !

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