Faire de l’information le remède

Hommage aux soldats tués à la frontière nord de Côte d’Ivoire

Dicko et collaborateurs abattus sur les pistes de leur région
0 191

« Ça ne peut pas rester comme ça » ! Ainsi s’est exclamé le ministre d’Etat, ministre de la défense, Hamed Bakayoko, lors d’une cérémonie d’hommage aux soldats tués à la frontière nord de la Côte d’Ivoire, ce lundi 22 juin 2020 au camp d’Akouedo. La ferme détermination de l’Etat de Côte d’Ivoire à garantir l’indivisibilité du territoire national et la sécurité des populations se réaffirme avec vigueur. A ce propos, plusieurs arrestations confirment le moral solide et la perspicacité des forces de l’ordre.

Convaincu des complicités locales et extérieures, le ministre de la défense appelle l’armée et toute la nation à faire bloc malgré les oppositions politiques et les diversités culturelles.  « Il s’agit des gens qui veulent nous désorganiser », insiste le représentant du gouvernement à cette première cérémonie dédiée à la dizaine de soldats tués à Kafolo dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin 2020. Pour le gouvernement, nul doute, c’est une « attaque terroriste ». L’annonce de l’arrestation du principal meneur du groupe armé qui a endeuillé ces familles et la nation ivoirienne démontre combien Kafolo compte autant que Grand-Bassam. L’unité de la Côte d’Ivoire du sud au nord met à l’épreuve la solidarité des forces armées récemment reformées et bénéficiant de conditions revalorisées.

Compte tenu de la présence de nombreux groupes armés au Burkina et au Mali, pays voisins septentrions, l’armée ivoirienne mène « l’opération Comoé » conjointement avec les forces régulières du Burkina. Un mois après une offensive soldée par huit morts et 38 suspects dans le camp des groupes armés belligérants, cette contre-attaque qui survient interpelle à davantage de vigilance en Côte d’Ivoire.

La crise sécuritaire dans la région ouest africaine amplifiée par le chaos Libyen fragilise la démocratie en construction et le respect des droits humains. Dans un récent rapport, Amnesty International dénonce le règne de la terreur dans le sahel. « Semant la terreur dans des villages du Mali, Niger et du Burkina Faso, des soldats ont tué illégalement ou soumis à des disparitions forcées au moins 199 personnes entre février et avril 2020 », déplore Amnesty International. Si au Mali, le ministre Soumaïla Cissé est encore annoncé en vie malgré le silence des ravisseurs, le Député-maire de Djibo au Burkina, Oumarou Dicko et plusieurs collaborateurs ont été froidement abattus sur les pistes de leur région. D’où l’urgence de rester solidaires pour la défense des piliers de la République et construire des Etats de droit.

A lire aussi

L'essentiel

Appréciations

En bref